Archives par mot-clé : rituel

The Encounter : circulation transatlantique d’une technologie mayoruna ?

Le 12 octobre 2026, l’Institut national d’histoire de l’art (INHA, Paris) accueille la journée d’étude « Théâtralités entrecroisées : circulations transatlantiques des savoirs et des pratiques de la scène », organisée par Leonel Martins Carneiro (Universidade Federal do Acre, UMR Thalim). C’est la première rencontre du réseau de recherche « Théâtralités entrecroisées et pratiques de la scène », qui réunit des chercheurs et des artistes autour des circulations transatlantiques de savoirs et de pratiques théâtrales, et des rencontres, médiations, transmissions et transformations qu’elles produisent sur la scène. Cette première journée porte sur les échanges entre les savoirs et pratiques des peuples autochtones des Amériques et ceux de groupes non autochtones, et sur leurs effets sur les imaginaires, les formes et les pratiques de la scène, du XVIe siècle à nos jours. Bilingue (français-portugais), elle croise l’histoire, les études théâtrales, la littérature, l’anthropologie, l’ethnoscénologie et la pratique artistique, et réunit des chercheurs venus d’Amérique, d’Europe et d’Afrique, en quatre tables rondes.

Lundi 12 octobre 2026, 9h-18h, INHA, salle Vasari, 2 rue Vivienne, 75002 Paris. Inscription obligatoire, places limitées : https://forms.gle/61TCJnRAqHvCgnbAA

Je présente dans cette journée d’étude une communication intitulée « The Encounter : circulation transatlantique d’une technologie mayoruna ? ».

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Tel un fil de la trame du monde

En mai 2025, j’ai participé à une hutte de sudation (Sweat Lodge) conduite par Laurent Brun Lafferrere, initié à la voie rouge par des hommes-médecine Lakota. La chaleur et les chants induisent aisément la transe, un basculement dans le temps mythique que je vis comme « un retour à la maison ».

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Présentation du carnet

Bienvenue dans ce carnet de recherche
J’ai créé ce carnet dans le cadre de ma thèse de doctorat initialement intitulée “Imaginaires et gestes chamaniques sur la scène contemporaine” pour expliquer ma démarche et partager l’évolution de mon travail de recherche. Il compile les fiches de plus de 80 compagnies composant un corpus d’œuvres et d’artistes ayant un lien avec l’imaginaire chamanique, corpus qui s’est resserré pour les besoins de ma thèse sur le spectacle Qui Som?de la compagnie Baro d’evel. Dans ce carnet, vous trouverez bien sûr mes articles et mes références bibliographiques, mais surtout toutes les ressources qui m’enthousiasment (mes coups de cœur), celles que j’ai envie de partager avec vous au fil de mes découvertes : podcasts, vidéos, articles de presse et universitaires , extraits de catalogues d’exposition ou d’œuvres poétiques… Si ma recherche vous intéresse, n’hésitez pas à entrer en contact avec moi pour que nous échangions ensemble! Amicalement, Martin

Ma biographie

Martin Geoffre a exercé pendant 20 ans en tant qu’administrateur de compagnies et organisateur de fêtes techno. Il participe aujourd’hui à la préfiguration d’un pôle international dédié au Théâtre Visuel, inspiré de l’œuvre de Philippe Genty. Il consacre l’essentiel de son temps à sa thèse de doctorat en Études Théâtrales à l’Université de Rennes 2 commencée en 2021 sous la co-direction de Mireille Losco (Université Lyon 2 – ENSATT) et Brigitte Prost (UFC).

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Teaser de “Qui Som?”

Le teaser du spectacle “Qui Som?” de la cie Baro d’evel dont j’ai observé le process de création pendant plusieurs mois dans le cadre de ma thèse.

Premier volet d’un triptyque où la céramique est tout à la fois la matière et le geste d’une enquête sur nos mondes en train de se faire, un voyage parmi nos manières de croire et de faire ensemble, “Qui som ?” fait un pari : celui que le rêve est une puissance exploratoire et transformatrice, une force imaginaire qui déborde chacun·e pour le relier à d’autres présences, une manière de s’orienter dans des voyages obscurs, dans des pays secrets. Cela se débat. Cela se vit. Dans la couleur. Dans l’argile. Dans le plastique. Entre les rebuts et l’éternité.

« Nous cherchons à mettre en lumière ce qui maintient la joie, le désir, ce qui résiste, chante et danse en nous pour toujours, pour se donner le courage de se voir et de ne pas oublier le pire. »

Barbara Métais Chastanier et Camille Decourtye pour Baro d’evel

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Argument de la thèse

Imaginaires et gestes chamaniques sur la scène contemporaine

Une constellation d’artistes de la scène contemporaine mobilise aujourd’hui modes de pensée, pratiques et esthétiques issus du chamanisme — technologie relationnelle destinée à établir un dialogue avec les esprits dans un but de guérison qui nécessite de déplacer les frontières ontologiques structurant la pensée moderne. Le chamanisme apparaît comme un réservoir de possibles où chaque artiste puise selon ses nécessités, sans prétendre au statut de chamane. Cette recherche évite ainsi l’écueil d’une opposition binaire — ces artistes sont-ils dans une démarche chamanique authentique ou ne font-ils que représenter cet imaginaire ? — pour examiner plutôt ce que ces emprunts ouvrent comme devenirs pour le théâtre. Ainsi, le questionnement formulé par l’anthropologue Tania Stolze Lima : « Qu’est-ce que le chamanisme permet au théâtre contemporain de devenir ? » (apud Carneiro da Cunha, 2020) désigne un processus où le chamanisme agit comme une force qui déplace la nature même du théâtre, le faisant devenir-autre. Cette perspective rejoint les recherches actuelles sur les mutations esthétiques qui interrogent les conséquences des grands bouleversements sociétaux de l’époque (technologique, économique, sociologique, politique, écologique, sanitaire…) sur nos systèmes de représentation artistiques et ce que l’art peut faire face à ces bouleversements (UR Arts : Pratiques et Poétiques, Université Rennes 2, programme « Observatoire des mutations esthétiques », 2022-2026). Cette thèse considère donc ces emprunts au chamanisme comme révélateurs de cette transformation du théâtre qui repense actuellement ses modalités d’être et d’action au monde, parmi lesquels le brouillage des dichotomies structurant la pensée occidentale (humain/non-humain, vie/mort, soi/monde, visible/invisible,..). Celle opposant réel et imaginaire structure particulièrement cette recherche, car, lorsque cette distinction vacille, elle trouble l’ensemble des frontières. Pour déployer pleinement ce cadre conceptuel, l’imaginaire recouvre dans notre analyse deux acceptions. D’une part ce qui relève de la fiction, une illusion éloignant les individus de la réalité. La modernité occidentale suppose une séparation entre l’art et la vie, entre le monde et sa représentation, là où les peuples à chamanes laissent la question ouverte (Stépanoff, 2019). D’autre part, nous envisageons l’imaginaire comme le socle ontologique permettant de faire advenir d’autres configurations du monde. Cette capacité d’une communauté à concevoir (à imaginer) d’autres possibles établissant dès lors l’existence d’un combat des imaginaires dont l’issue détermine notre réalité. Ainsi, cette grille de lecture permet d’analyser sous différents angles en quoi certaines pratiques de la scène contemporaine sont travaillées par une essence du chamanisme et par quels gestes créateurs ces artistes la traduisent au plateau.

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De l’herméneutique à la régénération par le théâtre

Eliade et le Living Theatre

Monique Borie

Approcher l’inscription de la pensée de Mircea Eliade dans un certain courant du théâtre américain — représenté ici par le Living Theatre — c’est sans doute moins dégager des axes d’influence que tracer des confluences. En fait, l’historien des religions qu’est Eliade à travers le travail de l’interprétation, et les acteurs du Living à travers leur pratique théâtrale se rencontrent parce qu’ils interpellent la pensée mythique d’un même lieu : ce lieu d’où l’on interroge les mythes pour chercher une solution à une crise — une crise de société et de culture, vécue comme crise ontologique. Des deux côtés, la quête s’engage dans l’espace d’une herméneutique.

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Artaud et le théâtre rituel selon Monique Borie

Dans son ouvrage sur Antonin Artaud, Monique Borie analyse en profondeur la vision d’un théâtre qui se veut efficace et transformateur plutôt que simple représentation. Sa réflexion explore le lien qu’Artaud tisse entre théâtre et rituel. J’ai organisé quelques extraits pour offrir un parcours structuré à travers cette pensée complexe.

Les citations sont regroupées en quatre parties : la critique artaudienne du théâtre occidental, les fondements théoriques de sa vision, sa conception du théâtre comme système total, et les tensions inhérentes à ce projet.

Cette réflexion sur les liens entre rituel, efficacité symbolique et théâtre m’enthousiasme beaucoup pour comprendre certaines démarches scéniques contemporaines.

Si ces extraits résonnent avec vos préoccupations artistiques ou théoriques, je vous encourage vivement à découvrir l’ouvrage complet.

Source : Monique Borie, Antonin Artaud, le théâtre et le retour aux sources, GALLIMARD, Bibliothèque des Idées, 22 Novembre 1989.

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Axes de recherche 2024

Depuis l’émergence de la contre-culture dans les années 1960, l’intérêt pour les pratiques chamaniques et leurs dimensions spirituelles a entraîné un renouvellement significatif du geste créateur et une transformation des pratiques scéniques, et par porosité, participé à l’émergence d’un théâtre contemporain autochtone.
Comment l’intégration des imaginaires et gestes chamaniques — notamment l’ontologie animiste, l’état de transe et les rituels — dans le théâtre contemporain en tant que paradigme artistique transforme-t-elle les pratiques scéniques et la relation entre l’œuvre, l’artiste et le spectateur, et, a fortiori, les esprits ?
Le « vacillement des limites », semblant représenter une caractéristique intrinsèque du chamanisme, cette recherche vise à explorer les modalités et les implications de ces influences chamaniques sur la création et la réception théâtrales, interrogeant la capacité des arts contemporains à redéfinir les frontières entre le réel et l’imaginaire, entre l’art et la vie. Mon travail s’attache ainsi à examiner les contradictions potentielles entre l’authenticité des expériences chamaniques et leur représentation dans l’art, ainsi qu’à évaluer la portée du théâtre contemporain lorsqu’il navigue dans ces espaces liminaires en tant que vecteur de connaissances et de transformations collectives.
En considérant les arts visionnaires chamaniques comme des témoignages de voyages dans les mondes-autres, qui fournissent non seulement une représentation des visions, mais offrent également une appréhension complexe des forces et des entités animant ces mondes, cette recherche vise à déceler la présence de ces motifs archétypaux au sein des cosmologies artistiques contemporaines, en se concentrant particulièrement sur l’analyse dramaturgique de leurs manifestations théâtrales.

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Usages chamaniques du masque dans le théâtre contemporain des autochtones d’Amérique (Version 2)

J’ai rédigé cet article suite à ma participation en octobre 2022 au colloque international intitulé Masques et identités plurielles : de la reconstruction de soi aux défis de l’anthropocène. Pour appréhender les pratiques théâtrales actuelles des autochtones d’Amérique, je vais présenter les spécificités de cet art scénique performatif, et plus particulièrement celles de la compagnie Ondinnock, avec un intérêt particulier pour leur spectacle Rabinal Achi. Je vais également explorer le rapport de ces peuples à la divination et à leurs ancêtres, mettant en exergue l’animisme comme caractéristique principale de leurs usages du masque.

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